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jeudi 22 décembre 2016

Momo Joseph et Le Groupe Podem: Love Africa Soul / Cameroun Airline

Réf: BZB 355
Edité en France en 1980 par BBZ Productions

J'ai acheté ce 45 tours dans un dépôt-vente sur la foi de sa pochette et du label BBZ Productions, label de Michel Fugain, qui a abrité dans les années 70 quelques pépites afro.
J'ai eu la main heureuse car ce single marie à la perfection le funk et le disco avec une touche africaine. On le doit à Momo Joseph, un acteur camerounais qui a fait principalement carrière en France et a notamment joué dans La Haine. Il y a peu d'informations sur lui mais il aurait à son actif au moins une vingtaine de films.
En parallèle à sa carrière d'acteur, il a sorti au début des années 80 un album, War For Ground et deux 45 tours dont Love Africa Soul. C'est ce single qui est à mon avis sa meilleure production et c'est la face B, Cameroun Airline, qui est le réel tube de ce disque. Il y est accompagné du groupe Podem, dont c'est le seul disque connu et qui cache certainement les musiciens de studio engagés pour l'occasion.
On perd la trace de Momo Joseph en 2000 avec son dernier film: DJIB. J'ai bien trouvé un homonyme qui a été roi d'un village au Cameroun et serait décédé en mars 2016 mais je n'ai pas trouvé de lien entre les deux...





lundi 14 novembre 2016

Frank Gérard: Comme une samba

réf: VOC 1100
Edité en France en 19?? par VOC

J'ai trouvé ce 45 tours il y a quelques mois dans une ressourcerie. Si je n'avais pas vu le verso en premier avec son visuel psyché (malgré le look ringard du chanteur), je l'aurais certainement passé sans m'arrêter. La pochette représentant une cellule et le titre Noël des prisons sont en effet déprimants.

La musique du disque est à l'image de sa pochette: le morceau Noël des prisons donne le cafard et envie de se pendre... La bonne surprise se trouve donc en face B avec Comme une samba, totalement à l'opposé de la première chanson. Il s'agit d'une samba chantée par Frank Gérard avec une voix grave et étrange. Pleine d'amateurisme et un peu bancale, elle possède tout de même un certain charme et la musique est accrocheuse.

C'est André De Vera qui signe les paroles et la musique de Comme une samba.  Musicien et ingénieur du son, il a sorti trois 45 tours sous son nom et a créé le label VOC pour y éditer ses compositions ainsi que ce single. Frank Gérard a co-écrit Noël des prisons avec lui mais n'a visiblement sorti que cet unique disque.








jeudi 3 novembre 2016

Michel Noiret et les Mini-Minettes : J'adore mon chien / Jules Yankee

réf: 12227
Edité en France en 1968 par Riviera

Il y a quelques semaines c'était mon dernier vide-grenier de la saison. J'ai donc pris mon temps en déambulant dans les allées parmi les exposants qui déballaient dans l'obscurité. Sur un stand qui avait la chance d'être placé sous un lampadaire je me suis arrêté sur ce 45 tours: J'adore mon chien / Jules Yankee de Michel Noiret. Au premier abord il n'avait rien de vendeur: un artiste inconnu et une pochette moche.
Je regarde toujours les crédits quand je tombe sur un disque inconnu qui sort de l'ordinaire mais je ne m'attendais pas à voir crédité sur J'adore mon chien... Johnny Cash! Je l'ai donc acheté sans hésiter et j'ai continué ma balade dominicale. J'ai bien cru que cette première trouvaille serait la dernière mais j'ai dégotté juste avant la fin un très bon 33 tours ivoirien qui fera surement l'objet d'une prochaine chronique.


J'adore mon chien est une adaptation française de I Walk the line de Johnny Cash mais hormis la musique, les paroles n'ont rien à voir avec l'original où Johnny Cash déclarait sa flamme à June Carter. Pour sa version, Michel Noiret a écrit une ode à son chien avec des paroles loufoques et sans queue ni tête.
En 2005, il expliquait sur Bide et musique la composition du morceau, qui aurait dû être plus classique: "C'était au temps où je fréquentais le show-biz. Mon directeur artistique (si, si, ça s'appelle comme ça) chez Barclay-Riviera, Mike Mesure, m'avait demandé d'écrire une "adaptation" sur une musique de Johnny Cash, "I walk the line". Il est vrai que le contenu des textes de Johnny Cash n'a jamais provoqué un œdème cérébral chez qui que se soit. J'avais d'abord écris un texte doux-amer sur une sorte de bohème qui, contre vents et marées, traçait sa route! (I walk the line). "Paaaas commercial! Les gens aiment qu'on leur parle de choses qu'ils connaissent bien. Leur chien par exemple et en plus, je signe avec toi!" ...j'avais besoin de sous... Bien fait pour ma gueule, ça m'a pas rapporté un rond."
Malgré ses paroles, la version de Michel Noiret est musicalement plus pêchue que l'originale. Dommage que les rires des Mini-minettes gâchent le résultat.

La face B est plus compréhensible et parle de Jules Yankee, français fan des USA, à qui il ne faut pas chercher des noises. Étonnamment, la voix de Michel Noiret sur cette chanson est assez proche des premiers morceaux de Gainsbourg (en plus énergique tout de même).

Après une poignée de 45 tours, Michel Noiret a émigré en Belgique où il a sorti quelques disques (en ajoutant un r à son nom), des romans et a également été scénariste de BD, notamment en sein du journal Pilote.








dimanche 9 octobre 2016

Rino De Filippi : Risorgimento Resistenza

Réf: FM 4
Edité en Italie en 1971 par Fama Srl

Au mois de juillet, j'ai eu l'occasion de passer un week-end dans un petit village de Charente.
Il y avait un Emmaüs dans les environs et l'occasion était trop belle d'y faire un tour. Depuis le temps que je traque les galettes noires, j'ai appris que certains disques voyagent beaucoup.
J'ai quand même été surpris de tomber sur ce disque italien de Rino De Filippi dans un coin aussi reculé de son pays d'origine. De son vrai nom Oronzo De Filippi, il est surtout connu pour avoir sorti sous différents pseudonymes, de nombreux disques de Library Music durant les années 70 et 80.
Les disques de Library music étant destinés uniquement aux professionnels, ils n'étaient jamais commercialisés pour le grand public, étaient pressés en petites quantités et ne courent donc pas les rues aujourd'hui.

Le terme de Library Music (illustration sonore en français) regroupe toutes les musiques produites par des sociétés spécialisées dans le but d'illustrer des films, documentaires, reportages, émissions de radio, etc... On y trouve tous les styles de musiques possibles et imaginables (classique, musette, électronique, rock, soul...) le but étant de pouvoir illustrer n'importe quel sujet. La Library Music a connu sont âge d'or dans les années 60 et 70 quand de grands musiciens (Vladimir Cosma, François De Roubaix, Ennio Morricone...) arrondissaient leurs fins de mois en enregistrant de la musique à la demande, souvent sous un pseudonyme.
La Library Music existe toujours aujourd'hui mais les catalogues ne sont plus sur vinyles ou cd mais dématérialisés sur le net.


C'est le hip-hop qui a remis la Library Music au goût du jour et l'a fait découvrir à un plus large public. Elle constituait en effet pour les DJs et les beat makers un stock énorme de samples inédits qu'ils ont commencés à utiliser dès les débuts du sampling. La plupart de ces disques ne valent pas grand chose mais certains sont très recherchés. C'est le cas de ce disque de 1971: Risorgimento Resistenza.
Le titre de l'album fait référence à l'unification de l'Italie au XIXème siècle et les titres expriment le patriotisme (Patria Mia, Italia Unita, La Mia Vita Per Te, Italia!). Le disque a certainement été produit pour illustrer des films et documentaires sur cette époque ou des films de guerre.
Les morceaux du disque oscillent entre la musique martiale (rythme au tambour et chœurs) et la musette mais certaines plages pourraient sans problèmes accompagner un western de Sergio Leone, tant la musique rappelle certains morceaux d'Ennio Morricone.

Oronzo De Filippi est un vrai mystère. Hormis ses disques dont on peut écouter des extraits sur internet, on ne sait rien de lui. Il aurait composé quelques albums avec son fils Luigi (son frère selon d'autres sources) mais les différents pseudonymes (Awake, Gisteri, Tranotis) qu'il a utilisé durant sa carrière ne favorisent pas les recherches. La plupart de ses disques sont aujourd'hui hors de prix mais quelques albums ont été réédités récemment pour contenter toutes les bourses.




lundi 12 septembre 2016

The Jive Kings


Réf: 95009
33 tours édité en France sur le label Soweto

Quand j'ai vu apparaitre ce disque au milieu d'un bac, j'ai d'abord cru être tombé sur un disque de soul ou de disco américain. Ça n'est qu'en regardant le verso que j'ai réalisé mon erreur: les titres étaient soit en anglais, soit dans une langue qui m'était inconnue mais semblait africaine.
C'est le label Soweto, du nom d'un des townships de Johannesburg, qui m'a donné la réponse: il s'agissait de musique Sud Africaine et la langue en question était certainement du zoulou.

En posant le disque sur ma platine, je m'attendais à tout sauf à entendre dès les premières notes de... l'accordéon! Après recherche, il s'agit en fait d'un disque de Jaiva (ou Township Jive), une musique typique des townships d'Afrique du Sud. Il existe plusieurs types de Jive et dans ce cas précis c'est une variante: l'Accordion Jive. L'accordéon y a une place de choix et les morceaux sont uniquement instrumentaux.



Sur ce disque, les morceaux relativement courts, utilisent presque toujours la même recette: une guitare rythmique et une basse, accompagnés d'accordéon et/ou de saxophone. Certains titres se ressemblent beaucoup: en écoutant la première face d'une oreille distraite, on ne réalise pas forcément qu'on vient de changer de morceau. A mon grand étonnement, il n'y a presque pas de batterie ou de percussions sur ce disque, la guitare et la basse réussissant à donner du rythme à l'ensemble.


Malgré mes recherches, je n'ai trouvé aucune information sur les Jive Kings et sur le label Soweto. J'ai bien découvert un groupe de rockabilly ainsi qu'un groupe de jazz canadien portants le même nom mais c'est à peu près tout. Wilson Ndlovu, crédité comme producteur et principal compositeur des morceaux a laissé quelques traces discographiques mais son nom ayant l'air courant en Afrique du Sud, impossible d'en savoir plus. Quant à Masinyane Ngwenya crédité sur deux morceaux, il est lui totalement inconnu du web. Impossible donc de savoir si les Jive Kings n'ont fait qu'un seul album ou si d'autres sont encore à découvrir.
Cet album m'aura en tout cas permis de découvrir un style musical qui m'était inconnu et c'est un bel ovni qui rejoint ma discothèque!

mercredi 24 août 2016

Gaston Loriod (Disque Pyral à enregistrement direct)


45 tours gravé en France en juin 1968
Titres: Romantisme / La Bonne Chanson / Quiétude

La première fois que j'ai entendu parler des disques à enregistrement direct, c'est en découvrant l'histoire du 78 tours qu'Elvis avait enregistré en 1953 pour l'offrir à sa mère, bien avant d'être connu. A l'époque, on pouvait pour quelques dollars, enregistrer sa chanson (gravée en direct sur un disque unique) et repartir avec juste après. Le support (appelé l'acétate) étant fragile, le disque s'usait rapidement après plusieurs écoutes et la qualité sonore était minimale. Le procédé permettait néanmoins d'avoir l'équivalent d'une démo, à peu de frais, sans passer par un studio coûteux.
Ces disques ont progressivement disparu vers la fin des années 60 au profit des enregistrements sur bandes magnétiques.

Jack White a remis le procédé au goût du jour, en rachetant en 2013 une cabine voice-o-graph de 1947 pour en équiper son studio et c'est Neil Young qui l'a étrenné en y enregistrant entièrement son album A Letter Home. Il a aussi racheté aux enchères le fameux disque d'Elvis pour l'éditer sur son label Third Man Records.


La technique de l'enregistrement direct (ou gravure directe) a aussi été utilisée en France aussi bien par les professionnels (publicité, radio, démo...) que par les particuliers, et on peut en trouver de temps en temps dans les vides-greniers. C'est d'ailleurs ce qui m'est arrivé en tombant sur ce 45 tours enregistré sur un disque de marque Pyral (le plus gros fabricant français).
Acheter un disque en gravure directe relève de la loterie car bien souvent, il n'y a pas d'informations sur le label central et on ne sait pas ce que l'on va découvrir.
Dans mon cas, il y avait assez d'informations sur le disque pour se rendre compte que la musique n'allait pas être exceptionnelle, mais sachant qu'il était unique, ma curiosité m'a poussé à l'acheter.

J'aurais bien aimé connaître l'histoire de ce disque et avoir plus d'informations sur Gaston Loriod et Mademoiselle Dufour mais le vendeur avait trouvé le disque dans une maison qu'il venait d'acheter et n'en savait pas plus. Sur Internet, on trouve la trace d'un Gaston Loriod, père de la pianiste Yvonne Loriod et beau-père d'Olivier Messianen, mais je n'ai pas eu de confirmation et il s'agit sans doute d'un homonyme. Le label du disque nous apprend qu'il a été gravé en juin 1968 et on y trouve en face A un poème dit par Gaston Loriod et en face B une chanson (interprétée par Mademoiselle Dufour) et un instrumental au piano.
Pour être franc avec vous, l'ensemble ne présente aucun intérêt à mon goût. Hormis l'instrumental, le poème et la chanson sont particulièrement pénibles à écouter jusqu'au bout! J'aurais sans doute plus de chance une prochaine fois!


Voici les deux faces en vidéos (bon courage):





dimanche 24 juillet 2016

Mohamed Jerrari : Sidi Mansour / Yalli Fikrou Dima Mhayer

Réf: STD 35 C
45 tours édité en Tunisie En'nagham par en 1979
Titres: Sidi Mansour / Yalli Fikrou Dima Mhayer

J'ai acheté ce 45 tours au hasard il y a quelques semaines. Sans m'y connaitre en musique folklorique tunisienne, il correspond bien à l'image que je m'en faisais: les deux titres du disque sont rythmés et entrainants, et le chant est ici accompagné de flûte, de percussions et de oud (à moins qu'il ne s'agisse d'une kouitra?).


Sidi Mansour est un morceau traditionnel qui a été repris un nombre incalculable de fois et j'ignore qui l'a écrit. Cette version par Mohamed Jerrari semble en tout cas avoir eu du succès au vue du nombre de rééditions existantes.
A la première écoute, j'ai trouvé le morceau familier et je me suis dit que j'avais déjà dû l'entendre quelque part. C'est en cherchant des informations sur internet que j'ai compris pourquoi: la mélodie a été reprise en 1977 par... Boney M pour le morceau Ma Baker! Ça n'est pas évident du premier coup, mais en tendant bien l'oreille on reconnait la mélodie.
Pour la petite histoire, c'est l'assistant de Frank Farian, le créateur de Boney M, qui a découvert le morceau pendant ses vacances en Tunisie et l'a réécrit en version disco pour en faire le tube que l'on connait.
Yalli Fikrou Dima Mhayer est lui un morceau de Mohamed Jerrari dans la même veine que Sidi Mansour mais avec l'ajout d'un violon.


Mohammed Jerrari a surtout sorti des singles et n'a a priori sorti qu'un seul album: "Les Chansons Gastronomiques de Mohamed Jerrari", édité en France par Pathé. Avec un titre pareil, on aimerait bien les goûter mais la galette ne semble pas si courante et si facile à dénicher.