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mercredi 24 août 2016

Gaston Loriod (Disque Pyral à enregistrement direct)


45 tours gravé en France en juin 1968
Titres: Romantisme / La Bonne Chanson / Quiétude

La première fois que j'ai entendu parler des disques à enregistrement direct, c'est en découvrant l'histoire du 78 tours qu'Elvis avait enregistré en 1953 pour l'offrir à sa mère, bien avant d'être connu. A l'époque, on pouvait pour quelques dollars, enregistrer sa chanson (gravée en direct sur un disque unique) et repartir avec juste après. Le support (appelé l'acétate) étant fragile, le disque s'usait rapidement après plusieurs écoutes et la qualité sonore était minimale. Le procédé permettait néanmoins d'avoir l'équivalent d'une démo, à peu de frais, sans passer par un studio coûteux.
Ces disques ont progressivement disparu vers la fin des années 60 au profit des enregistrements sur bandes magnétiques.

Jack White a remis le procédé au goût du jour, en rachetant en 2013 une cabine voice-o-graph de 1947 pour en équiper son studio et c'est Neil Young qui l'a étrenné en y enregistrant entièrement son album A Letter Home. Il a aussi racheté aux enchères le fameux disque d'Elvis pour l'éditer sur son label Third Man Records.


La technique de l'enregistrement direct (ou gravure directe) a aussi été utilisée en France aussi bien par les professionnels (publicité, radio, démo...) que par les particuliers, et on peut en trouver de temps en temps dans les vides-greniers. C'est d'ailleurs ce qui m'est arrivé en tombant sur ce 45 tours enregistré sur un disque de marque Pyral (le plus gros fabricant français).
Acheter un disque en gravure directe relève de la loterie car bien souvent, il n'y a pas d'informations sur le label central et on ne sait pas ce que l'on va découvrir.
Dans mon cas, il y avait assez d'informations sur le disque pour se rendre compte que la musique n'allait pas être exceptionnelle, mais sachant qu'il était unique, ma curiosité m'a poussé à l'acheter.

J'aurais bien aimé connaître l'histoire de ce disque et avoir plus d'informations sur Gaston Loriod et Mademoiselle Dufour mais le vendeur avait trouvé le disque dans une maison qu'il venait d'acheter et n'en savait pas plus. Sur Internet, on trouve la trace d'un Gaston Loriod, père de la pianiste Yvonne Loriod et beau-père d'Olivier Messianen, mais je n'ai pas eu de confirmation et il s'agit sans doute d'un homonyme. Le label du disque nous apprend qu'il a été gravé en juin 1968 et on y trouve en face A un poème dit par Gaston Loriod et en face B une chanson (interprétée par Mademoiselle Dufour) et un instrumental au piano.
Pour être franc avec vous, l'ensemble ne présente aucun intérêt à mon goût. Hormis l'instrumental, le poème et la chanson sont particulièrement pénibles à écouter jusqu'au bout! J'aurais sans doute plus de chance une prochaine fois!


Voici les deux faces en vidéos (bon courage):





dimanche 24 juillet 2016

Mohamed Jerrari : Sidi Mansour / Yalli Fikrou Dima Mhayer

Réf: STD 35 C
45 tours édité en Tunisie En'nagham par en 1979
Titres: Sidi Mansour / Yalli Fikrou Dima Mhayer

J'ai acheté ce 45 tours au hasard il y a quelques semaines. Sans m'y connaitre en musique folklorique tunisienne, il correspond bien à l'image que je m'en faisais: les deux titres du disque sont rythmés et entrainants, et le chant est ici accompagné de flûte, de percussions et de oud (à moins qu'il ne s'agisse d'une kouitra?).


Sidi Mansour est un morceau traditionnel qui a été repris un nombre incalculable de fois et j'ignore qui l'a écrit. Cette version par Mohamed Jerrari semble en tout cas avoir eu du succès au vue du nombre de rééditions existantes.
A la première écoute, j'ai trouvé le morceau familier et je me suis dit que j'avais déjà dû l'entendre quelque part. C'est en cherchant des informations sur internet que j'ai compris pourquoi: la mélodie a été reprise en 1977 par... Boney M pour le morceau Ma Baker! Ça n'est pas évident du premier coup, mais en tendant bien l'oreille on reconnait la mélodie.
Pour la petite histoire, c'est l'assistant de Frank Farian, le créateur de Boney M, qui a découvert le morceau pendant ses vacances en Tunisie et l'a réécrit en version disco pour en faire le tube que l'on connait.
Yalli Fikrou Dima Mhayer est lui un morceau de Mohamed Jerrari dans la même veine que Sidi Mansour mais avec l'ajout d'un violon.


Mohammed Jerrari a surtout sorti des singles et n'a a priori sorti qu'un seul album: "Les Chansons Gastronomiques de Mohamed Jerrari", édité en France par Pathé. Avec un titre pareil, on aimerait bien les goûter mais la galette ne semble pas si courante et si facile à dénicher.


jeudi 7 juillet 2016

Wells Fargo: Lazy Guitar / Loosing Time


Réf: 2C 008-11981
45 tours édité en France par Pathé en 1974
Titres: Lazy-guitar (Extrait des danses Polovtsiennes de Borodine) / Loosing Time

Cet hiver, chez Blind Spot, ils ont eu la bonne idée de faire le ménage dans leur cave et de liquider des 45 tours à dix centimes pièces! C'est à cette occasion que j'ai trouvé l'unique 45 tours de Wells Fargo sorti en 1974.
Ce disque semble assez recherché mais étrangement, on trouve très peu d'informations à son sujet. Seuls les crédits nous en apprennent un peu plus. Ils sont signés D.Perrier en face A et Benny Golson en face B. Impossible de savoir s'il s'agit de Dominique Perrier et Benny Golson, deux artistes prolifiques, ou simplement d'homonymes...


La face A Lazy-guitar est une réadaptation audacieuse d'un extrait des "danses Polovtsiennes" issu de l'opéra "Le prince Igor" d'Alexandre Borodine. Les percussions et les claviers débridés nous entrainent dans une chevauchée effrénée. Les chœurs et les violons d'origine sont ici remplacés par une guitare qui sonne très "Shadows", ce qui donne à l'ensemble un côté musique de western (d'où l'illustration de la pochette).  Un morceau à la fois kitsch et funky

La face B Loosing Time surpasse Lazy-guitar: un morceau digne des meilleures musiques de films policiers des années 70 avec percussions, orgue et clavecin. Avec ses râles et ses gémissements, le morceau semble avoir été conçu pour faire monter la température sur les pistes de danse!



Pour percevoir la ressemblance entre Lazy-guitar et les danses Polovtsiennes, cliquez à 3'16 min:




vendredi 1 juillet 2016

Lucho Bermúdez y su Orquestra: Tolú

 
Réf: LPS 5008
33 tours édité en 195? par Silver en Colombie

L'année dernière, je suis allé pour la première fois à la grande vente annuelle de l'Emmaüs de Hédé. Je suis arrivé peu après l'ouverture et les bacs au rayon musique étaient déjà bien vides. Je ne pensais donc pas trouver grand-chose à me mettre sous la dent!
Finalement, j'ai fait quelques trouvailles dont ce disque de Lucho Bermúdez, gravé en Colombie.
Avec ces palmiers sur la pochette, j'ai bien failli ne pas le prendre, croyant être tombé sur une énième compilation sans intérêt. Mais au verso, les photos de Lucho Bermúdez et de son orchestre, posant avec saxophones, congas et trompettes ont attisé ma curiosité.


Lucho Bermúdez (1912-1994) est célèbre en Colombie pour avoir modernisé dans les années 40 les musiques traditionnelles colombiennes comme le porro, la gaita et la cumbia.
Il commence la musique dès quatre ans en jouant du piccolo avec son oncle mais c'est plus tard, au sein de la fanfare militaire de Córdoba, qu'il s'initie à une multitude d'instruments: trombone, tuba, trompette, saxophone et clarinette. Après avoir fait ses armes en dirigeant plusieurs formations, il forme son propre orchestre, le Lucho Bermúdez Orchestra avec qui il va sortir de nombreux albums, dont Tolú (probablement en 1952 ou 1953).

L'album Tolú, baptisé du nom d'une ville colombienne située sur la mer des Caraïbes est composé en grande partie d'instrumentaux de porro et de gaita, musiques cousines de la cumbia. On y trouve deux titres chantés: une reprise de Cachito de Consuelo Velazquez (chantée plus tard par Nat King Cole) et le morceau Farah qui nous conte l'histoire d'un grand fêtard.
A l'image de sa pochette, Tolú est une carte postale musicale que nous envoie Lucho Bermúdez. On l'écouterait bien sur la plage en sirotant un aguardiente à l'ombre des cocotiers.





mardi 14 juin 2016

Los Jaivas: Bebida Magica / Inca Dream


Réf: 2S 0008 82 500
45 tours édité en France en 1978 par Sonopresse
Titres: Bebida Magica / Inca Dream

J'ai acheté ce 45 tours il y a quelques années, un lendemain pluvieux de route du rock.
Sur le chemin du retour j'avais fait un arrêt sur un vide-grenier. Aucun vinyle sur les stands humides mais une dame gardait ses disques bien au sec dans son coffre de voiture.
Rien de bien intéressant, mais dans le lot, ce disque intrigant: un groupe visiblement sud-américain, au look hippie, au titre mystérieux "Bebida Magica" (Boisson Magique) et avec un dessin au verso qui me rappelait étrangement la pochette de Night at the opera de Queen.
Pour ajouter au mystère, les noms crédités sonnaient davantage anglais que sud-américains.

Après recherches, Los Jaivas est un groupe chilien qui s'est formé en 1963 et est toujours actif de nos jours! (avec seulement un membre d'origine...)
A leurs débuts, ils jouent des musiques populaires de l'époque (cha cha cha, boléro, bossa nova) mais au fil des ans, leur musique évolue vers le rock tout en conservant des instruments traditionnels sud-américains (charango, quena, zampoña et cuatro).
Lorsque la vague hippie déferle sur le Chili, ils commencent à laisser plus de place à l'improvisation pendant leurs concerts. Leur musique se rapproche alors du rock progressif et ils y apportent une touche unique en fusionnant le rock et la musique traditionnelle chilienne.


En 1973, suite au coup d'état du Général Pinochet, le groupe est contraint de trouver refuge en Argentine. C'est là, dans les années qui suivent, que leur carrière va décoller et qu'ils vont rencontrer le succès dans toute l'Amérique du sud.
En 1977, la situation politique en Argentine les contraint à nouveau à l'exil et ils quittent le pays pour rejoindre l'Europe. Ils s'installent à Paris et commencent à faire quelques dates en France, puis à travers l'Europe. C'est à cette période qu'ils sortent ce 45 tours composé de deux morceaux instrumentaux qui, pour la première fois, sont produits par une personne extérieure au groupe: Eddy Ouwens.
Nous sommes en pleine période disco, le producteur leur propose des arrangements dans cette veine et l'alchimie va fonctionner à merveille. Sans être fan de disco, je trouve le résultat réussi. Ici, pas de violons, de boite à rythme ou de synthétiseurs qui peuvent rendent certains morceaux pénibles.


BEBIDA MAGICA commence par un solo de percussions, vite rejoint par un orgue au son bien vintage, une flûte de pan et enfin la basse et un charango. La ligne de basse et les chœurs sonnent bien disco mais on est aussi très proche du funk.
INCA DREAM, en face B, est un bon morceau mais est moins pêchu que Bebida Magica.
La musique débute calmement par le souffle du vent accompagné d'une flûte de pan. La suite, elle, est plus nerveuse mais aussi plus foutraque: on a le droit, pêle-mêle, à de la musique de western, un passage au piano, le tout avec un mélange d'instruments modernes et anciens!

Après ces deux titres pour le moins originaux, le groupe revient à sa musique de prédilection et va continuer sa carrière dans le monde entier.







mercredi 8 juin 2016

Magay Klementina: Akom-bakom / Csak Veled Jarnék


Réf: SP 500
45 tours édité en Hongrie en 1968 par Qualiton
Titres: Akom-bakom / Csak Veled Jarnék

Il y a quelques années, j'ai acheté ce 45 tours à la pochette. Le label Qualiton m'avait intrigué et cette jeune fille n'avait pas une tête à faire de la musette!

Après la seconde guerre mondiale, dans la plupart des pays communistes d'Europe de l'Est, il n'y avait qu'un label musical unique contrôlé par l'état. Tous les artistes, quel que soit leur style, étaient donc sur le même label, Qualiton étant le label national hongrois.
Magay Clementina (ou Klementina selon les orthographes) est une chanteuse hongroise qui a eu un certain succès dans son pays à la fin des années 60. Elle débute dès l'âge de dix ans en chantant dans diverses chorales mais c'est au Pol-beat festival de 1967 qu'elle est repérée. Elle y remporte à dix-sept ans le concours de chant du festival et gagne le droit d'enregistrer la chanson qu'elle y a présentée.

De 1967 à 1969 elle sort une poignée de 45 tours mêlant pop, rock, beat et schlager (un type de variété d'Europe de l'Est), la plupart enregistrés à l'occasion d'émissions de radio ou de télévision.
Elle n'a pas de musiciens attitrés et change de formations au gré des enregistrements. Elle aura donc l'occasion de jouer avec différents groupes de rock hongrois comme Omega, Metro ou Atlantis.


L'intérêt de ce 45 tours réside principalement dans sa face A: AKOM-BAKOM.
A la première écoute, le titre désarçonne puisqu'il mélange les styles: pop, rock & roll et schlager avec un soupçon de musique traditionnelle. Ca part un peu dans tous les sens mais la chanson reste accrocheuse.

La face B CSAK VELED JARNEK est moins intéressante: le style oscille entre variété et piano-jazz et la voix fait penser à Dalida! Je n'ai malheureusement pas trouvé d'informations sur le groupe Helikon qui l'accompagne sur ce disque.

Elle sort encore quelques singles entre 1970 et 1972 mais nettement moins bons. Par la suite elle ne fera plus que de la variété.







mercredi 1 juin 2016

Jean-Claude Antoinette et les Young Lovers: Sega Di Sic / Rosalie



Réf : VPN 134

45 tours édité par Dragons à Maurice
Titres : Séga Di Sic / Rosalie

C'est toujours une belle surprise de tomber sur un disque de l'océan Indien au milieu d’un bac de musette et de variétés ! Qu'il s'agisse de Maurice ou de Madagascar, les pochettes sont souvent belles, exotiques et présentent une texture particulière au toucher. Elles me rappellent le papier buvard ! Par contre, musicalement, c’est la loterie. On ne sait jamais si on va tomber sur une belle découverte ou sur une ballade soporifique…

Ce 45 tours de Jean-Claude Antoinette et les Young Lovers, pressé par Dragons à Maurice, contient deux titres de séga, une des musiques les plus populaire de l’ile. Dragons était d’ailleurs un label spécialisé dans le séga qui a principalement édité les disques du chanteur Mauricien Serge Lebrasse. 

Les Young Lovers ont sorti au moins deux 45 tours sur ce label, celui-ci avec Jean-Claude Antoinette et un second Sega Chou-Chou / Guette De Cote avec Guy Antoinette (un parent de Jean-Claude Antoinette?) 
SEGA DI SIC et ROSALIE sont deux belles compositions basées sur une musique alliant percussions et guitare rythmique, agrémentées de quelques solos. La voix de Jean-Claude Antoinette y est bien mise en valeur. L'enregistrement est basique mais assez bon pour être écouté en boucle et rester en tête!



On trouve peu d'informations sur ce disque mais heureusement, les notes au verso de la pochette nous en apprennent un peu plus :

SEGA DI SIC évoque la culture de la canne à sucre et a été le thème musical principal d'un radio-crochet organisé entre plusieurs exploitations de canne à sucre de février à juin 1971 (le disque date donc probablement de cette année).

Il a été enregistré par une équipe de la M.B.C TV (Mauritius Broadcasting Corporation) avec l'aide du P.R.O.S.I (Public Relations Officers of the Sugar Industry). Il s'agit donc d'un disque destiné à la promotion de l'industrie sucrière Mauricienne.

Ne parlant pas le créole, je n'ai pas saisis toutes les paroles de ROSALIE. La chanson parle néanmoins de l'histoire d'un homme et de sa femme Rosalie, de sa rencontre jusqu'au jour où il la quitte car "elle lui fait trop de misères".