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vendredi 21 juillet 2017

Musique Arabe: Chant classique Mouachahat

Réf: 7813
Disque hors commerce (Archives de Radio France)
Année inconnue

J'ai profité de mes dernières vacances pour aller chiner en terre inconnue... à Moëlan-sur-mer. Le petit "troc et puces" local se situait dans la cour d'une école et il y avait plus de jouets et de vêtements d'enfants que de bac à disques.
Sur un stand au profit d'une association caritative, mon œil a été attiré par un disque à la pochette blanche. Je pensais avoir trouvé un test pressing mais après examen, j'ai compris que j'avais trouvé un disque qui sortait de l'ordinaire. Visiblement, ce disque de musique arabe sort tout droit des archives de Radio France! Comment a-t-il atterri si loin et pourquoi n'est il plus dans les archives? Mystère...

Après recherche, il pourrait s'agir d'un "Transcription disc" (je n'ai pas trouvé le terme français), un disque destiné uniquement à un usage interne. Le label tapé à la machine laisse à penser qu'il s'agit d'un petit tirage, voir d'un disque pressé à un seul exemplaire.
Il n'y a pas beaucoup d'informations sur le disque pour en apprendre plus sur son contenu (sans grand intérêt musical à mon goût!) et les noms ne sont pas tous bien orthographiés. Seuls les compositeurs sont indiqués sur le label mais à l'écoute nous avons pourtant tout un groupe qui chante et joue ce qui est donc de la musique arabe Mouachahat (et non Monachahat).
Sayed Darwish et Daoud Hosni sont deux célèbres compositeurs égyptiens mais je n'ai rien trouvé sur Mustapha Bidha Bey et Kamel Kolaï (du moins sous leurs noms orthographiés à l'occidentale).


vendredi 9 juin 2017

Quarteto 1111


Réf: 8E 062 40037
Edité au Portugal en 1970 par EMI / Columbia

Avec le retour des beaux jours, les vides-greniers fleurissent à nouveau: finies les vaches maigres et la chine en dépôt-vente. Pour ma première sortie de la saison je suis arrivé tardivement sur place et les chasseurs de disques étaient déjà nombreux à arpenter les stands. Ma première trouvaille de la matinée a été un disque qu'ils avaient délaissé: une compilation de cumbia typique des années 80 et sortie à la pelle suite au succès de la publicité Nescafé.

A cette heure tardive je ne pensais pas ramener grand chose, mais j'ai eu la chance de voir atterrir à mes pieds un bac tout juste sorti de voiture avec quelques rééditions de classiques du jazz (Miles Davis, Coltrane et compagnie). Après cette belle pêche j'étais déjà ravi, mais ça n'était pas encore fini puisque dans un bac à un euro m'attendait la plus belle prise du week-end: le premier album du groupe portugais Quarteto 1111.

Je l'avais déjà cherché lors de vacances au Portugal mais c'est finalement à quelques rues de chez moi qu'il m'attendait.
Considéré comme le meilleur album de folk/rock psychédélique portugais, il est devenu culte tant par ses qualités musicales que par son histoire.


Le groupe se forme en 1967 en pleine dictature, à une époque où les seuls groupes de rock que les jeunes portugais peuvent entendre à la radio sont les Shadows ou encore les Beatles.
Les membres répètent pendant plus d'un an dans un garage et, entre reprises et compositions, développent leur propre style. A leur grand étonnement, le succès arrive dès leur premier 45 tours "A Lenda del Rei Sebastiao", un EP mélangeant psychédélisme et tradition portugaise qui leur permet d'être le premier groupe de rock portugais à passer en radio.
De 1967 à 1969 ils sortent six 45 tours, à raison de deux par an, avec plus ou moins de succès. En effet, certains de leurs textes engagés subissent les foudres de la censure alors en vigueur.

Quand arrive le moment d'enregistrer leur premier album, le groupe choisi de faire un album concept traitant des guerres coloniales portugaises (Angola, Guinée-Bissau et Mozambique) et de l'émigration des portugais fuyant l'enrôlement au service militaire. Il sort en janvier 1970 mais la censure sévit à nouveau et il est retiré de la vente au bout d'une semaine seulement. Très peu d'exemplaires seront écoulés et son existence restera ignorée de nombreux portugais pendant plusieurs décennies.
Il faudra attendre 1998 pour qu'il ressorte en cd puis 2005 pour une belle réédition vinyle par le label Armoniz.





mercredi 4 janvier 2017

Albatros : Volo AZ504


Réf: CBS 81549
Edité en France en 1976 par CBS

J'ai récupéré ce disque récemment au milieu d'un lot et j'ai d'abord cru être tombé sur un album de l'éphémère groupe français Albatros dont j'avais déjà un 45 tours. En y regardant de plus prêt, j'ai vu qu'il s'agissait en fait de l'unique album du groupe italien Albatros dans lequel jouait et chantait un certain... Toto Cutugno.

L'histoire de cet album sort de l'ordinaire: début 1975, Albatros sort en Italie son premier 45 tours Africa sur le label Carosello sans rencontrer le succès. Le titre est cependant repéré par CBS France et Claude François est un moment pressenti pour en faire l'adaptation française. Suite à un retard de Claude François pour la signature du contrat, c'est finalement Joe Dassin qui récupère l'adaptation d'Africa. Avec l'aide de ses paroliers Claude Lemesle et Pierre Delanoë, il réarrange le morceau qui devient alors L'été indien.


L'été indien sort en France le 6 juin 1975 et devient rapidement le tube de l'été avec près d'un million d'exemplaires vendus en France et deux millions à l'étranger. Devant ce succès, des titres prévus à l'origine pour le futur album d'Albatros se retrouvent donc repris rapidement par Ringo (Volo AZ504 devenant Les Oiseaux de Thaïlande) et à nouveau par Joe Dassin (Albatros devenant L'Albatros et Monja Monja devenant Il était une fois nous deux). L'album d'Albatros sort en 1976 dans de nombreux pays et pour surfer sur le succès des adaptations, l'édition française indique sur sa pochette les titres en italien et en français.


Musicalement, l'album est un parfait condensé des styles de l'époque. Tout en restant très cohérent, on navigue sur les deux faces entre du disco, du rock, du funk, des slows planants et une pincée de musique progressive. Les orchestrations sont excellentes et les versions originales bien meilleures que leurs adaptations françaises. Si on fait exception du morceau Oui-Bon-D'accord (une horrible samba mâtinée de funk) il n'y a tout bonnement rien à jeter sur ce disque.

Après quelques 45 tours, les Albatros se séparent définitivement en 1978 et Toto Cutugno oriente alors sa carrière vers la variété italienne pour le résultat qu'on connait...


jeudi 22 décembre 2016

Momo Joseph et Le Groupe Podem: Love Africa Soul / Cameroun Airline

Réf: BZB 355
Edité en France en 1980 par BBZ Productions

J'ai acheté ce 45 tours dans un dépôt-vente sur la foi de sa pochette et du label BBZ Productions, label de Michel Fugain, qui a abrité dans les années 70 quelques pépites afro.
J'ai eu la main heureuse car ce single marie à la perfection le funk et le disco avec une touche africaine. On le doit à Momo Joseph, un acteur camerounais qui a fait principalement carrière en France et a notamment joué dans La Haine. Il y a peu d'informations sur lui mais il aurait à son actif au moins une vingtaine de films.
En parallèle à sa carrière d'acteur, il a sorti au début des années 80 un album, War For Ground et deux 45 tours dont Love Africa Soul. C'est ce single qui est à mon avis sa meilleure production et c'est la face B, Cameroun Airline, qui est le réel tube de ce disque. Il y est accompagné du groupe Podem, dont c'est le seul disque connu et qui cache certainement les musiciens de studio engagés pour l'occasion.
On perd la trace de Momo Joseph en 2000 avec son dernier film: DJIB. J'ai bien trouvé un homonyme qui a été roi d'un village au Cameroun et serait décédé en mars 2016 mais je n'ai pas trouvé de lien entre les deux...





lundi 14 novembre 2016

Frank Gérard: Comme une samba

réf: VOC 1100
Edité en France en 19?? par VOC

J'ai trouvé ce 45 tours il y a quelques mois dans une ressourcerie. Si je n'avais pas vu le verso en premier avec son visuel psyché (malgré le look ringard du chanteur), je l'aurais certainement passé sans m'arrêter. La pochette représentant une cellule et le titre Noël des prisons sont en effet déprimants.

La musique du disque est à l'image de sa pochette: le morceau Noël des prisons donne le cafard et envie de se pendre... La bonne surprise se trouve donc en face B avec Comme une samba, totalement à l'opposé de la première chanson. Il s'agit d'une samba chantée par Frank Gérard avec une voix grave et étrange. Pleine d'amateurisme et un peu bancale, elle possède tout de même un certain charme et la musique est accrocheuse.

C'est André De Vera qui signe les paroles et la musique de Comme une samba.  Musicien et ingénieur du son, il a sorti trois 45 tours sous son nom et a créé le label VOC pour y éditer ses compositions ainsi que ce single. Frank Gérard a co-écrit Noël des prisons avec lui mais n'a visiblement sorti que cet unique disque.








jeudi 3 novembre 2016

Michel Noiret et les Mini-Minettes : J'adore mon chien / Jules Yankee

réf: 12227
Edité en France en 1968 par Riviera

Il y a quelques semaines c'était mon dernier vide-grenier de la saison. J'ai donc pris mon temps en déambulant dans les allées parmi les exposants qui déballaient dans l'obscurité. Sur un stand qui avait la chance d'être placé sous un lampadaire je me suis arrêté sur ce 45 tours: J'adore mon chien / Jules Yankee de Michel Noiret. Au premier abord il n'avait rien de vendeur: un artiste inconnu et une pochette moche.
Je regarde toujours les crédits quand je tombe sur un disque inconnu qui sort de l'ordinaire mais je ne m'attendais pas à voir crédité sur J'adore mon chien... Johnny Cash! Je l'ai donc acheté sans hésiter et j'ai continué ma balade dominicale. J'ai bien cru que cette première trouvaille serait la dernière mais j'ai dégotté juste avant la fin un très bon 33 tours ivoirien qui fera surement l'objet d'une prochaine chronique.


J'adore mon chien est une adaptation française de I Walk the line de Johnny Cash mais hormis la musique, les paroles n'ont rien à voir avec l'original où Johnny Cash déclarait sa flamme à June Carter. Pour sa version, Michel Noiret a écrit une ode à son chien avec des paroles loufoques et sans queue ni tête.
En 2005, il expliquait sur Bide et musique la composition du morceau, qui aurait dû être plus classique: "C'était au temps où je fréquentais le show-biz. Mon directeur artistique (si, si, ça s'appelle comme ça) chez Barclay-Riviera, Mike Mesure, m'avait demandé d'écrire une "adaptation" sur une musique de Johnny Cash, "I walk the line". Il est vrai que le contenu des textes de Johnny Cash n'a jamais provoqué un œdème cérébral chez qui que se soit. J'avais d'abord écris un texte doux-amer sur une sorte de bohème qui, contre vents et marées, traçait sa route! (I walk the line). "Paaaas commercial! Les gens aiment qu'on leur parle de choses qu'ils connaissent bien. Leur chien par exemple et en plus, je signe avec toi!" ...j'avais besoin de sous... Bien fait pour ma gueule, ça m'a pas rapporté un rond."
Malgré ses paroles, la version de Michel Noiret est musicalement plus pêchue que l'originale. Dommage que les rires des Mini-minettes gâchent le résultat.

La face B est plus compréhensible et parle de Jules Yankee, français fan des USA, à qui il ne faut pas chercher des noises. Étonnamment, la voix de Michel Noiret sur cette chanson est assez proche des premiers morceaux de Gainsbourg (en plus énergique tout de même).

Après une poignée de 45 tours, Michel Noiret a émigré en Belgique où il a sorti quelques disques (en ajoutant un r à son nom), des romans et a également été scénariste de BD, notamment en sein du journal Pilote.








dimanche 9 octobre 2016

Rino De Filippi : Risorgimento Resistenza

Réf: FM 4
Edité en Italie en 1971 par Fama Srl

Au mois de juillet, j'ai eu l'occasion de passer un week-end dans un petit village de Charente.
Il y avait un Emmaüs dans les environs et l'occasion était trop belle d'y faire un tour. Depuis le temps que je traque les galettes noires, j'ai appris que certains disques voyagent beaucoup.
J'ai quand même été surpris de tomber sur ce disque italien de Rino De Filippi dans un coin aussi reculé de son pays d'origine. De son vrai nom Oronzo De Filippi, il est surtout connu pour avoir sorti sous différents pseudonymes, de nombreux disques de Library Music durant les années 70 et 80.
Les disques de Library music étant destinés uniquement aux professionnels, ils n'étaient jamais commercialisés pour le grand public, étaient pressés en petites quantités et ne courent donc pas les rues aujourd'hui.

Le terme de Library Music (illustration sonore en français) regroupe toutes les musiques produites par des sociétés spécialisées dans le but d'illustrer des films, documentaires, reportages, émissions de radio, etc... On y trouve tous les styles de musiques possibles et imaginables (classique, musette, électronique, rock, soul...) le but étant de pouvoir illustrer n'importe quel sujet. La Library Music a connu sont âge d'or dans les années 60 et 70 quand de grands musiciens (Vladimir Cosma, François De Roubaix, Ennio Morricone...) arrondissaient leurs fins de mois en enregistrant de la musique à la demande, souvent sous un pseudonyme.
La Library Music existe toujours aujourd'hui mais les catalogues ne sont plus sur vinyles ou cd mais dématérialisés sur le net.


C'est le hip-hop qui a remis la Library Music au goût du jour et l'a fait découvrir à un plus large public. Elle constituait en effet pour les DJs et les beat makers un stock énorme de samples inédits qu'ils ont commencés à utiliser dès les débuts du sampling. La plupart de ces disques ne valent pas grand chose mais certains sont très recherchés. C'est le cas de ce disque de 1971: Risorgimento Resistenza.
Le titre de l'album fait référence à l'unification de l'Italie au XIXème siècle et les titres expriment le patriotisme (Patria Mia, Italia Unita, La Mia Vita Per Te, Italia!). Le disque a certainement été produit pour illustrer des films et documentaires sur cette époque ou des films de guerre.
Les morceaux du disque oscillent entre la musique martiale (rythme au tambour et chœurs) et la musette mais certaines plages pourraient sans problèmes accompagner un western de Sergio Leone, tant la musique rappelle certains morceaux d'Ennio Morricone.

Oronzo De Filippi est un vrai mystère. Hormis ses disques dont on peut écouter des extraits sur internet, on ne sait rien de lui. Il aurait composé quelques albums avec son fils Luigi (son frère selon d'autres sources) mais les différents pseudonymes (Awake, Gisteri, Tranotis) qu'il a utilisé durant sa carrière ne favorisent pas les recherches. La plupart de ses disques sont aujourd'hui hors de prix mais quelques albums ont été réédités récemment pour contenter toutes les bourses.